07 mars 2008
PRESENTATION
Bienvenue sur ce blog de l'Apphim consacré à la mémoire de l'usine à Boulets d'Oignies, Agglonord, fermée le 14 décembre 2000, après 40 ans d'activité.
L'usine, de même que l'ensemble de la Fosse 10, le "Grand ensemble du 10 d'Oignies", puits d'extraction , ne sont plus qu'un souvenir. Excepté le château d'eau et le terril, il ne reste rien de visible sur place, la Plate-forme Delta 3 occupe à présent les 3/4 de l'ancien carreau.
Historique
Le Siège 10
Le Siège 10 d'Oignies fut le dernier siège d'extraction de la Houille mis en service dans le Bassin du Nord Pas de Calais. Les travaux débutent en 1956. Le puits est d'un diamètre de 6m78, le plus important du Bassin.
Le puits n°10 est équipé de la même manière que les puits 19 de Lens, Barrois n°1 et Barrois n°2. Il est équipé d'une tour en béton avec double compartiment d'extraction. Les dimensions sont 26m23 de long X 16m80 de large et 65m25 de hauteur. Le poids à vide est de 9.000 tonnes contre 12.000 à charge.
Il est équipé à l'étage supérieur d'une machine d'extraction de type Koëpe quadricâbles et de marque Alstom. Son diamètre est de 5m. Elle fonctionne grâce à un moteur à courant continu de 4.400 cv.
Le Lavoir du siège 10
Il est implanté sur le carreau de la fosse n°10, à l'est des installations d'extraction. La construction du lavoir débute en 1956 par le creusement des fondations, et au milieu de l'année 1959, les structures sortent de terre pendant que s'élève la tour d'extraction.
Il est mis en service en même temps que l'ensemble d'extraction, le 23 Janvier 1961.
Il peut traité une capacité considérable de charbon, 900 tonnes par heure. C'est un des plus importants lavoirs du Bassin.
A partir de 1968, il reçoit les charbons du siège 2 d'Oignies jusqu'à l'arrêt de ce dernier, le 10 Novembre 1976.
En 1981, il reçoit les bruts en provenance de la Fosse 9 de l'Escarpelle à Roost Warendin jusqu'à l'arrêt de cette fosse, le 26 Octobre 1990.
Ce lavoir est le dernier du lavoir a avoir fonctionné, il est arrêté le 21 décembre 1990.
L'Usines à Boulets du 10
Les usines sont implantées à l'est du lavoir, elles sont reliées par des convoyeurs. Elles fabriquent un produit de haute qualité et très recherché pour le chauffage domestique.
Les usines comprennent 2 parties, l'usine de fabrication de boulets et l'usine à Anthracine. Celle ci est la 1ère mise en service sur le site, en mai 1960.
Un premier four en marque le départ. Il traite entre 400 et 500 tonnes de charbon par jour.
Production de boulets - L'anthracine
Le mot ressemble à Anthracite (Type de charbon). Elle se présente sous forme de boulets mats. Il brule sans dégager de fumée et ne renferme que 6% de cendres.
Le charbon généralement employé pour l'agglomération en boulets est le maigre. Il présente une meilleure valorisation que le charbon vapeur. Les 1ères briquettes à base de charbon datent du début du siècle à l'usine de Somain (Compagnie des Mines d'Aniche, actuelle Zone Somain-Aniche).
On l'obtient, par l'agglomération de fines maigres à l'aide d'un liant, le brai de houille, ceci forme le boulet. Le traitement des boulets consiste en une oxydation du brai qui se transforme en une sorte de coke ne dégageant plus de fumées. Le phénomène s'opère à une température de 360 degrés. Les boulets passent 4 heures dans des fours portés à cette température.
Ce procédé permet d'obtenir un anthracite de synthèse prisé par les clients pour "foyer domestiques" et en particulier pour les feux continus qui équipent de plus en plus les logements de l'époque. Il a été mis au point en 1954 à l'usine à boulets de Fort de Scarpe à Douai, située sur l'actuelle Zone Industrielle de Douai-Dorignies.
L'usine d'Oignies produit différents types de boulets, (Anthracine 20 ou Anthranor, B9 et BB9).
En 1989, les Houillères, CdF Energie et un groupement de 8 sociétés de négoce charbonnier ont créer la Société Agglonord, qui reprendra l'activité agglomération des HBNPC au delà de la fermeture du dernier puits.
La Fosse 10 cesse d'extraire le vendredi 21 décembre 1990.
A l'exception de l'usine à boulets, toutes les installations sont détruites en 1992, seuls l'atelier-magasin, le château d'eau avec le pompage sont conservés pour l'activité de l'usine. Des nouveaux bureaux sont construits, ainsi que des vestiaires douches en bungalows, pour les ouvriers et employés. De nouveaux murs d'enceinte sont construits autour du périmètre de l'usine.

Les préfabriqués des vestiaires-douches, vue du château d'eau, 2001. A droite se trouve le bâtiment de l'ensachage.
L'usine poursuit sa production de boulets de charbon pour la consommation domestique. En 1994, l'entreprise comptait 160 employés, pour une production annuelle de 200 000 t. de boulets et un chiffre d'affaires d'environ 50 millions de francs.
De nombreux investissements sont réalisés pour la modernisation de l'outil de travail, ensachage des boulets, informatique.
Vue sur l'usine encore en activité, depuis le Canal de la Deûle, fin 2000.
L'entreprise fut liquidée en 2002.
Le site dans les années 1970.
Vue satellite du site en 2000.
Vue satellite du site en 2006.
Quelques photos du site, dans la dernière année de son activité, 2000
09 mars 2008
Les principales Usines à Boulets des Houillères du Bassin du Nord Pas de Calais
Les HBNPC ont exploités diverses usines à Boulets, certaines déjà existantes avant la nationalisation, modernisées, ou nouvellement construites.
Ces usines se situent généralement dans un important complexes de traitement du charbon. Aucune de ces usines est encore en activité de nos jours.
- Les Usines Rousseau, à Raismes/Beuvrages, Créées par la Compagnie des Mines d'Anzin en 1939.
Renseignements sur la production (dans les années 1970)
- Agglomération. Capacité de production: 3700 t/jour, 260 000 tonnes de boulets crus produits par an à 9 %
- Anthracine 20. Capacité de production: 1400 t/jour. Production annuelle 360 000 tonnes.
- Effectifs inscrits (ouvriers et ETAM). Environ 230.
- Les Usines d'Escaudain,
- Les Usines de Somain ou la Renaissance,
La 1ère installation, qui comportait un lavoir central et une usine d fabrication de briquettes, remontait à 1904. Les briquettes, composées de charbon demi-gras aggloméré avec du brai de houille, étaient destinées, en majeure partie aux Compagnies de Chemin de Fer et à la Marine. Ces deux établissements, détruits lors de la 1ère Guerre Mondiale, ont été reconstruits entre 1919 et 1922 au titre des dommages de guerre.
En 1924, une usine de boulets à usage domestique a été ajoutée à cet ensemble. Elle permettait d'utiliser des fines de charbon maigre et la production a atteint 5000 t/jour.
Le lavoir, dont la capacité était de l'ordre de 9000 tonnes/jour a été arrêté dès 1969. Quant à la production de briquettes, elle a cessé totalement en mai 1973, après la disparition de la traction à vapeur.
En 1976, l'équipement de l'usine à boulets a été réduit à 8 presses, d'une capacité de 25 tonnes par heure chacune.
La production des Usines de Somain a atteint, en 1976, environ 300 000 tonnes pour les boulets à 9% de cendres et 260 000 tonnes pour les boulets crus destinés à la fabrication de l'anthracine 40 (boulets défumés).
L'effectif, après avoir atteint 1 100 personnes en période de pleine activité, est tombé à 185 ouvriers.
- Usines à Boulets "Anthracine 54", à Dorignies les Douai,
- Usines du 2 d'Oignies,
- Agglomération. Capacité de production: 2 200 t/jour. Production annuelle 100 000 tonnes de boulets crus super, 35 000 tonnes de boulets pour coke moulé.
- Anthracine 20 & 40. Capacité de production: 1 400 tonnes/jour. Production annuelle 320 000 tonnes.
- Effectifs inscrits (ouvriers et ETAM). Environ 80.
- Usines de Noeux,
04 mai 2008
LES BUREAUX
Ce bâtiment a été construit en 1991 sur le site. Il est composé en briques et tuiles.
Il abrite l'ensemble des services administratifs de l'usine, direction, comptabilité, service exploitation, service commercial.

Vue sur l'entrée principale d'Agglonord. Les bureaux se trouvent sur la gauche, juste après l'entrée.
L'ATELIER-MAGASIN
A l'origine, il s'agissait de l'atelier du siège 10.
Construit en 1958, pour le Grand ensemble du 10, il a servi d'atelier pour l'ensemble d'extraction, le lavoir, et l'usine à boulets.
Il est composé en murs de briques, supports des vitrages en béton, charpente métallique, toiture en tôles fibro-ciment. Ensemble des portes métalliques.
Une extension en tôles pour le stockage de pièces sera construite dans les années 70.
Rattachée à cette dernière après 1990. Il recevra d'autres fonctions annexe sur des parties désaffectées.
Une salle de réunion sera aménagée. Les réunions du Comité d'entreprises s'y déroulent régulièrement.
Un laboratoire se trouve également à l'intérieur.
Les archives regroupant la totalité des plans calques de l'usine et d'autres usines des HBNPC se trouvent dans un local.
Les différents hangars ateliers et magasins. Vue depuis le terril du 10 d'Oignies. 07/2000.
Vue depuis la tour de l'usine, l'atelier et les magasins.
A gauche, les bureaux, au centre l'atelier, en arrière, les magasins.
Vue depuis le château d'eau, mars 2001. Les bâtiments sont en cours de désaminantage. A gauche l'atelier-magasin, sur la droite les magasins de pièces détachées lourdes (3).
Un des magasins privé de sa toiture. On remarque les importantes armoires et étagères. 02/2001.
Le désamiantage du bâtiment commence en février 2001. Différents équipements sont composés d'amiante, principalement la toiture qui est entièrement démontée.
Le bâtiment est détruit juste après la tour de l'usine, en avril 2001. Une partie des archives qu'ils contenait ont étés reprises par les Archives Nationales, les autres ont étés abandonnées dans le bâtiment.
LE CHATEAU D'EAU, LA SALLE DES POMPES
Comme l'atelier-magasin, cet équipement a été construit pour le Grand ensemble du siège 10, en 1958/1959. Mis en service en 1960.
Il alimente en eau brute l'ensemble d'extraction, le lavoir, l'usine à boulets et les services annexe comme les bains douches.
Rattachés à l'usine à boulets.
La Salle des pompes, accolées au château d'eau est désamiantée en février 2001.

Intérieur de la Salle des pompes, mars 2001
Murs et porte de liaison de la Salle des pompes, accès au château d'eau. Mars 2001.
Vue depuis la tour de l'Usine. Salle des pompes et château d'eau. Février 2001.
L'INTÉRIEUR DU CHÂTEAU D'EAU
Vue en coupe du Château d'eau.
Entrée du Château d'eau, vue de l'escalier du Niveau 1. 03/2001.
Canalisations d'eau (3), 2 d'arrivée, 1 de retour. 03/2001.
Le dernier escalier avant la cuve d'eau. L'eau se trouve derrière la paroi de béton tout autour.
Dans l'étage supérieur du château d'eau se trouve la cuve. Mars 2001, la cuve est encore remplie.
VISITE DU CHÂTEAU D'EAU EN AVRIL 2008
L'installation a un peu souffert du vandalisme. Certains tuyaux ou accessoires ont étés pillés.
Dans l'ensemble, l'équipement est dans un état analogue à celui de 2001, malgré l'invasion massive de pigeons et la cuve d'eau totalement vide.
Tuyaux de remplissage de la cuve. 04/08.
Le bâtiment de la Salle des Pompes est abattu en mai 2001.
Quand au château d'eau, il se dresse encore dans le ciel de Dourges, unique construction visible de l'usine à boulet, et du siège 10.
24 mai 2009
L'Apphim souhaite obtenir le classement de la Salle des Machines de la Fosse 10 de Billy Montigny
Le projet
L'Apphim souhaite protéger le bâtiment des machines, en le proposant pour le classement au titre des Monuments Historiques.
Les Monuments Historiques (source Wikipédia)
Il s'agit d'une reconnaissance d’intérêt public pour les monuments et qui concerne plus spécifiquement l’art et l’histoire attachés au monument et constitue une servitude d’utilité publique.
Il existe deux niveaux de protection : le classement comme monument historique et l'inscription simple au titre des monuments historiques (autrefois connue comme « inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques »). On dit d'un bien, dans le premier cas qu'il est « classé », et dans le second, qu'il est « inscrit ».
Longtemps soumis aux dispositions de la loi du 31 décembre 1913, le classement et l’inscription sont désormais régis par le titre II du livre VI du code du patrimoine et par le décret 2007-487 du 30 mars 2007.
Le dossier
La démarche de classement peut être faite par n’importe qui, que se soient acteurs publics ou particuliers (propriétaires d’un bâtiment par exemple), auprès du Service départemental de l'architecture et du patrimoine (SDAP). L’Architecte des bâtiments de France (ABF) y est l’interlocuteur privilégié dans la démarche de classement et le contrôle de l’application des servitudes une fois le classement effectué.
Le dossier de demande de protection est généralement constitué par des personnes rattachées à la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC), recenseurs ou autres. Le dossier doit comporter une partie documentaire donnant des renseignements détaillés sur l’édifice (histoire, situation urbanistique, juridique, etc.) et des documents photographiques et cartographiques.
Le dossier ainsi constitué est ensuite soumis à l’avis :
- dans le cas d'un immeuble, de la Commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS), constituée de 32 membres et présidée par le préfet de région ;
- dans le cas d'un meuble, de la commission départementale des objets mobiliers, composée de 25 membres et présidée par le préfet de département ;
- dans le cas d'un orgue, de la commission nationale des monuments historiques.
Le préfet peut soit prendre un arrêté d’inscription, soit transmettre le dossier au Ministère en vue du classement. Le préfet peut aussi prononcer l'inscription et transmettre le dossier en vue d'un classement ultérieur. Dans le cas où le dossier est soumis au ministre, la commission nationale des monuments historiques se prononce et a alors deux possibilités : soit elle propose le classement, soit elle propose l’inscription si l’édifice présenté ne justifie pas un classement). Dans ce cas, le ministre signe l'arrêté de classement.
En cas d'opposition du propriétaire de l'immeuble ou de l'objet qu'il est proposé de classer, le classement peut être opéré d'office par décret en Conseil d'État.
Pourquoi l'Apphim souhaite conserver ce bâtiment?
Il est le dernier de ce type visible. Construit en 1899, il est un témoin direct de la Catastrophe de Courrières, le 10 Mars 1906. C'est le dernier bâtiment industriel de la Compagnie des Mines de Courrières datant de cette époque. La guerre de 1914-1918 a transformée la Concession de Courrières en champ de ruines. les nombreuses années qui ont suivies ont provoquées l'hécatombe de ce qui subsistait de cette époque. Seul ce bâtiment a survécu.
Les moyens
Faire connaitre notre projet en informant les habitants des environs, distribution de prospectus, information dans la presse...
C'est dans ce cadre que nous avons besoin du soutient de toutes personnes se sentant concernées par la mémoire du monde la mine et par la protection du patrimoine.
Que peut il arriver si rien n'est fait?
Depuis 1964, le bâtiment a été reconverti en atelier de construction métallique. Depuis 2007, il est laissé à l'abandon, la dernière activité a cessée ses activités dans le bâtiment.
Son propriétaire actuel envisage de le revendre, il peut être revendu à l'entreprise attenante ou à la Mairie de Billy Montigny qui soughaite étendre ses emprises foncières. Dans les 2 cas, le bâtiment sera détruit.
Etat du bâtiment
Aucunes machines de l'époque ne l'exploitation minière n'est encore en place, même le sol a été modifier.
L'intérêt se porte sur l'architecture des façades très décorées et alliant plusieurs composants, briques rouges et blanches, fers, béton.
Il est actuellement vétuste et peu entretenu depuis des années, les fenêtres et la toiture date de l'époque de construction. Un bâtiment parasite a été construit dans les années 60, du côté du puits 10.
Soutenez notre projet
Nous avons préparé un document qui sera distribué dans les quartiers
environnants de la fosse 10, pour faire connaitre notre projet et ce
bâtiment et rechercher des soutiens.
Pour obtenir ce document, Projet_Fosse_10











































